
Il a ensuite sorti l’enfant du siège avec force, comme il l’a montré lors de la reconstitution, puis l’a de nouveau secoué. Il reconnaît qu’à ce moment-là, le bébé ne présentait déjà plus de signe de vie.
Plus de vingt minutes avant de demander de l’aide
Au lieu de rejoindre directement les urgences, le suspect est rentré à son domicile. La mère du nourrisson s’y trouvait, mais il ne lui a pas expliqué ce qui s’était passé. Au total, vingt-quatre minutes s’étaient écoulées depuis son départ.
En découvrant l’état de son enfant, la mère a immédiatement commencé une réanimation cardio-pulmonaire à l’arrière du véhicule pendant que le couple se dirigeait vers le centre de santé de Tinajo. Celui-ci était toutefois fermé.
Ils ont finalement sollicité de l’aide auprès du commissariat de la police locale. Un « infirmier qui n’était pas en service » leur a porté assistance jusqu’à l’arrivée de deux ambulances.
Le nourrisson a d’abord été transporté à l’Hôpital universitaire Doctor José Molina Orosa d’Arrecife. Les médecins ont ensuite décidé de le transférer par hélicoptère vers l’Hôpital universitaire materno-infantile de Grande Canarie, où il est décédé trois jours plus tard.
Les raisons de la détention provisoire
Pour justifier le placement en détention, la juge estime que le risque de fuite est réel. Elle rappelle que le suspect encourt une peine pouvant atteindre quinze ans de prison, ce qui pourrait l’inciter à échapper à la justice.
La magistrate évoque également un risque de disparition ou de destruction de preuves. L’enquête, ouverte le 17 avril, se trouve encore à un stade précoce.
Le risque de récidive figure aussi parmi les éléments retenus. La juge s’appuie notamment sur la déclaration de la mère du bébé, confirmée devant la justice, dans laquelle elle évoque les « accès de violence » de son compagnon.
Le dossier mentionne également un précédent signalement de police concernant des violences envers une femme. Même si cette affaire n’a pas été retenue pour déterminer une éventuelle peine, la plaignante ayant refusé de témoigner contre son compagnon, la magistrate estime que ce contexte peut être pris en considération dans son analyse.
Enfin, la décision rappelle que le suspect avait été condamné en octobre 2024 pour conduite sans permis, avec application de la circonstance aggravante de récidive. Malgré cette condamnation, il aurait continué à conduire régulièrement. Pour la juge, ce comportement traduit une « faible adhésion au respect des règles ».
L’affaire est actuellement instruite par la juridiction pénale ordinaire. L’ordonnance de placement en détention provisoire n’est pas définitive. Elle peut faire l’objet d’un recours en réexamen dans un délai de trois jours ou d’un appel dans un délai de cinq jours.