
Le décès d’un nourrisson de 23 jours, victime d’un traumatisme crânien, a conduit la justice espagnole à placer son père en détention provisoire. L’homme a reconnu avoir violemment secoué le siège de son bébé et n’a pas exclu avoir pu lui porter un coup. Il a également attendu plus de vingt minutes avant de demander de l’aide, alors qu’il avait constaté que l’enfant ne respirait plus.
La chambre numéro 3 du tribunal d’instance d’Arrecife a ordonné, vendredi, son placement en détention provisoire. Le suspect reste autorisé à conserver des contacts avec l’extérieur, mais il ne peut bénéficier d’aucune remise en liberté sous caution pendant la poursuite de l’enquête.
Un nourrisson décédé après un traumatisme crânien
Le bébé a été transporté à l’Hôpital universitaire materno-infantile de Grande Canarie après un transfert en hélicoptère depuis Lanzarote. Malgré la prise en charge médicale, il est décédé trois jours plus tard.
L’autopsie préliminaire a conclu à une mort violente. Les médecins ont établi qu’elle résultait d’un traumatisme crânien ayant provoqué une anoxie cérébrale immédiate, c’est-à-dire une interruption brutale de l’apport d’oxygène au cerveau.
Dans son ordonnance, la juge considère que les éléments recueillis présentent, à ce stade de la procédure, les caractéristiques d’un homicide volontaire consommé. Selon le Code pénal espagnol, cette infraction est passible d’une peine comprise entre dix et quinze ans d’emprisonnement.
La magistrate envisage également l’application de la circonstance aggravante liée au lien de parenté. Le suspect était en effet le père de l’enfant et la personne chargée d’assurer sa protection.
Les faits reconstitués par les enquêteurs
Selon les investigations, les faits se sont produits dans la matinée du 12 avril. Le suspect circulait au volant d’une Peugeot 207 avec son bébé installé dans un siège auto Maxi-Cosi placé sur le siège passager avant.
Lorsque le nourrisson s’est mis à pleurer, l’homme a expliqué aux enquêteurs qu’il « ne supportait pas les pleurs » et qu’il était « nerveux et très agité ». Il a alors reconnu avoir violemment secoué le siège de l’enfant.
Au cours de la reconstitution, les enquêteurs lui ont demandé s’il avait également frappé la tête du bébé avec la main ou le poing. Le suspect a répondu que « c’était possible ».
Quelques instants plus tard, le nourrisson a commencé à devenir « bleu » et a cessé de respirer. Malgré cette situation, le père n’a pas appelé immédiatement les secours. Selon l’ordonnance, il a continué à rouler pendant une dizaine de minutes avant d’immobiliser son véhicule.