
En France, le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein reste considéré comme insuffisant. Des chercheurs suédois se sont penchés sur l’importance du premier dépistage et ont observé que manquer ce rendez-vous augmente de 40 % le risque de décès lié à cette maladie.
Plus de 61 000 nouveaux cas de cancer du sein ont été recensés en 2023, selon les chiffres de l’Institut national du cancer (INCa). Cette pathologie demeure la première cause de décès par cancer chez les femmes. Pourtant, lorsqu’il est détecté à un stade précoce, le cancer du sein peut être soigné dans neuf cas sur dix, rappelle la Ligue contre le cancer.
C’est pourquoi les femmes âgées de 50 à 74 ans sont invitées à participer tous les deux ans au programme national de dépistage. Malgré cela, en France, le taux de participation n’a dépassé les 50 % qu’une seule fois, en 2011. Or, Santé publique France rappelle que les recommandations européennes fixent un objectif minimal de 70 % afin d’obtenir un réel impact sur la mortalité liée au cancer du sein.
Quelles peuvent être les conséquences d’une participation trop faible au dépistage du cancer du sein ? Dans une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ), des chercheurs de l’Institut Karolinska, en Suède, se sont particulièrement intéressés au premier rendez-vous de dépistage. Leurs résultats montrent qu’ignorer cette première invitation augmente de 40 % le risque de mourir d’un cancer du sein.
Ne pas participer au premier dépistage du cancer du sein : un risque de décès accru de 40 %
Pour mener ces travaux, les chercheurs ont suivi pendant 25 ans plus de 430 000 femmes invitées à participer au programme suédois de dépistage par mammographie entre 1991 et 2020. L’étude révèle que 32 % d’entre elles ne se sont pas présentées à ce premier examen.
Les résultats montrent que les femmes ayant manqué leur premier dépistage étaient moins enclines à participer aux examens suivants. Elles étaient également davantage susceptibles de développer des symptômes et d’être diagnostiquées à un stade plus avancé de la maladie.
Les auteurs soulignent également qu’au cours des 25 années de suivi, près de 1 % des femmes n’ayant pas participé au dépistage sont décédées d’un cancer du sein, contre 0,7 % parmi celles ayant pris part au programme. Selon les chercheurs, cette différence correspond à une augmentation de 40 % du risque de décès lié à cette pathologie.
Ils précisent toutefois que l’incidence du cancer du sein sur cette période de 25 ans était quasiment identique entre les participantes au premier dépistage (7,8 %) et les non-participantes (7,6 %). Ce constat laisse penser que « la mortalité plus élevée observée chez les femmes n’ayant pas participé au premier dépistage est probablement liée à un retard dans la détection plutôt qu’à une augmentation du nombre de cancers ».