
Le capitaine des Bleus a toutefois tenu à relativiser son agacement en précisant qu’il ne reprochait rien aux employés du stade. “Mais ils n’y étaient pour rien, parce qu’on leur a demandé d’aller là-bas et leurs deux équipes n’étaient pas prêtes. Ce n’est pas grave. C’est surtout l’attente de deux heures… Quand tu arrives et que tu vois qu’ils n’ont pas protégé la pelouse alors qu’elle devait normalement être recouverte, ça provoque un peu d’énervement, mais ça passe.”
Comment les Bleus ont-ils occupé leur temps dans les vestiaires ?
Pendant que les quelque 70 000 spectateurs présents dans le stade patientaient sous leurs ponchos en attendant la fin de l’orage, les joueurs français tentaient eux aussi de gérer cette situation totalement inédite depuis les vestiaires.
Jules Koundé a reconnu qu’il avait fallu s’adapter rapidement. “C’était une première pour nous dans ces conditions et je trouve qu’on a plutôt bien réagi. Au début, comme on ne savait pas quand le match allait reprendre, on est restés en mouvement pour ne pas perdre le rythme. Puis, lorsqu’on a compris que l’interruption allait durer, on a pris le temps de discuter, de souffler un peu et d’essayer de rester calmes.”
Maghnes Akliouche a lui aussi expliqué que le plus difficile était de rester mentalement dans le match malgré les nombreux reports. “Il ne fallait surtout pas décrocher. Certains buvaient, d’autres mangeaient un peu pour refaire le plein d’énergie. Il fallait rester disponibles à tout moment, car l’arbitre pouvait nous demander de repartir à l’échauffement sans beaucoup de délai.”
Les multiples annonces de reprise, finalement repoussées à plusieurs reprises, ont compliqué la gestion de cette attente. Les joueurs ont donc alterné entre récupération, discussions et préparation physique afin de conserver leur concentration jusqu’au retour sur le terrain.
“On a joué aux cartes (…) et nos créneaux de reprise étaient sans cesse repoussés”, a raconté Didier Deschamps, désormais rentré en France après le décès de sa mère. “On reprenait l’échauffement régulièrement, sans vouloir prendre de risques. C’est une situation que je n’avais jamais connue, les joueurs non plus. C’était très long.”
Le sélectionneur français a toutefois préféré retenir le positif de cette soirée particulière. Selon lui, les circonstances étaient exceptionnelles et les décisions prises répondaient avant tout à des impératifs de sécurité. “Je n’en veux à personne. C’est une question de sécurité et nous devons nous adapter aux règles locales”, a-t-il conclu avec philosophie. Didier Deschamps ne sera d’ailleurs pas présent vendredi pour la rencontre entre la France et la Norvège, les Bleus devant poursuivre leur parcours sans lui sur le banc à cette occasion.