
Dans ce contexte, la contraception doit être régulièrement réévaluée. L’objectif est de tenir compte de l’évolution de l’état de santé de chaque femme.
Le Pr Geneviève Plu-Bureau insiste également sur l’importance de l’information. « Il est aussi nécessaire d’informer les femmes sur les différents modes de contraception et leurs éventuelles contre-indications », rappelle-t-elle.
Cette information permet ainsi de prendre en considération les éventuelles contre-indications. Elle doit aussi accompagner les femmes au fil de l’évolution de leur situation.
Une vigilance nécessaire à chaque renouvellement
Lors d’une première prescription, une consultation longue peut d’ailleurs être prise en charge par l’Assurance Maladie. Elle permet de faire le point sur les éventuels facteurs de risque.
La Fondation recommande également de maintenir cette vigilance dans le temps. En effet, la situation cardiovasculaire d’une femme peut évoluer après la première prescription.
Ainsi, à chaque renouvellement, il est recommandé de vérifier qu’aucune nouvelle contre-indication cardiovasculaire n’est apparue. La contraception peut alors être réévaluée en fonction de l’état de santé.
Cette surveillance est d’autant plus importante que plusieurs facteurs de risque peuvent être présents simultanément. Les données de l’Observatoire soulignent précisément cette réalité chez les femmes étudiées.
Stress et santé mentale : un autre facteur de risque cardiovasculaire
Le risque cardiovasculaire ne dépend pas uniquement de facteurs biologiques. L’hypertension ou le poids ne sont donc pas les seuls éléments à prendre en considération.
Les données de l’Observatoire mettent également en avant le stress et la santé mentale. Ainsi, 66,2 % des femmes dépistées rapportent un excès de stress et/ou ont déjà été traitées pour une dépression.
Une autre analyse a été menée auprès de 20 000 femmes dépistées dans le Bus du Cœur des Femmes. Elle aboutit également à des chiffres importants concernant le stress et la dépression.
En effet, un état de stress ou de dépression est retrouvé chez 60 % de ces femmes. Cette proportion est observée quel que soit leur niveau social.
Ces données montrent donc que la prévention cardiovasculaire ne se limite pas à la surveillance des facteurs physiques. La santé mentale doit également être prise en compte.
Un suivi global après un accident cardiovasculaire
La question de la santé mentale se pose aussi après un accident cardiovasculaire. Dans cette situation, 40 % des femmes peuvent développer une dépression ou un syndrome post-traumatique.
Selon la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes, la prévention doit donc intégrer l’ensemble de ces dimensions. Le suivi ne peut pas se limiter à un seul aspect de la santé.
Un accompagnement cardiovasculaire reste ainsi nécessaire. Toutefois, il doit également être associé à un suivi gynécologique et, lorsque cela est nécessaire, à un suivi psychologique.
À l’approche de la Journée mondiale du Cœur du 29 septembre, ces données rappellent donc l’importance d’une surveillance régulière. Elles soulignent notamment la nécessité de réévaluer la contraception selon l’évolution des facteurs de risque cardiovasculaire.