
À l’approche de la Journée mondiale du Cœur, le 29 septembre, la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes lance une alerte. Elle concerne les prescriptions de contraception œstroprogestative chez les femmes présentant plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire.
Les maladies cardiovasculaires restent un enjeu majeur de santé chez les femmes. Selon Agir pour le Cœur des Femmes, elles provoquent chaque jour le décès de 200 femmes en France.
Les dernières données de l’Observatoire National de la Santé des Femmes mettent également en évidence un autre point de vigilance. Il concerne la contraception des femmes qui présentent déjà un risque cardiovasculaire élevé.
Des prescriptions de contraception parfois inadaptées
Dans cette population à haut risque, 40,7 % des prescriptions de contraception œstroprogestative sont jugées inadaptées. Cette estimation repose uniquement sur les facteurs de risque cardiovasculaire.
Cependant, le chiffre augmente lorsque certains antécédents cardiovasculaires familiaux sont également pris en compte. Dans ce cas, la proportion atteint 59,8 %.
L’analyse porte sur 1 062 dossiers de femmes âgées de 15 à 55 ans. Pour chacune d’elles, le type de contraception utilisé était renseigné. Leur âge moyen était de 38,9 ans.
Ces données attirent donc l’attention sur la nécessité de prendre en compte le profil cardiovasculaire des femmes. Cette vigilance concerne notamment la prescription et le renouvellement de leur contraception.
Contraception œstroprogestative : quels facteurs de risque doivent alerter ?
La contraception œstroprogestative est également appelée contraception combinée. Elle associe un œstrogène de synthèse et un progestatif.
Cette contraception peut notamment prendre la forme d’une pilule. Toutefois, elle existe également sous la forme d’un anneau vaginal ou d’un patch cutané.
Chez certaines femmes présentant plusieurs facteurs cardiovasculaires, cette contraception peut être contre-indiquée. Dans d’autres situations, il peut être nécessaire de privilégier une autre méthode.
Le Pr Geneviève Plu-Bureau est gynécologue et épidémiologiste à l’Hôpital Cochin-Port-Royal. Elle préside également le Conseil scientifique d’Agir pour le Cœur des Femmes.
La spécialiste rappelle les principaux facteurs observés dans cette population. « Les facteurs de risque les plus fréquents relevés dans cette cohorte à haut risque cardiovasculaire sont l’hypertension, les antécédents cardiovasculaires familiaux au 1er degré, la combinaison âge (+35 ans) et tabac ou obésité. »
Neuf femmes sur dix présentent au moins deux facteurs de risque
Les données de l’Observatoire permettent également de mesurer l’importance de ces différents facteurs. Ainsi, neuf femmes sur dix dans cette population présentent au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire.
Par ailleurs, près des deux tiers des femmes concernées rapportent des symptômes d’alerte. Parmi eux figurent notamment les palpitations, l’essoufflement, la douleur thoracique ou encore le malaise.