
Même discours du côté de l’infectiologue Karine Lacombe. Invitée sur RTL ce mardi 12 mai, la spécialiste a tenu à rassurer le grand public. Selon elle, les éléments actuellement connus ne permettent pas d’envisager une épidémie mondiale comparable au Covid-19. « On ne devrait pas avoir d’épidémie d’ampleur », affirme-t-elle avec fermeté.
Contrairement au coronavirus, l’hantavirus Andes possède en effet un mode de transmission beaucoup plus limité. Ce virus n’est pas nouveau : il a été identifié après plusieurs cas observés pendant la guerre de Corée dans les années 1950. Depuis, différentes souches d’hantavirus ont été recensées dans le monde, principalement en Asie et en Amérique du Sud.
La transmission à l’être humain se fait généralement à partir de rongeurs sauvages infectés. Les particules virales présentes dans leurs excréments, leur urine ou leur salive peuvent contaminer l’air ambiant. Une personne peut alors être infectée en inhalant des poussières contaminées, notamment dans des lieux fermés ou mal ventilés.
Parmi toutes les variantes connues, seule la souche Andes est aujourd’hui capable de se transmettre d’humain à humain. Mais là encore, les spécialistes précisent que cette transmission reste rare et nécessite des conditions très particulières. Virginie Sauvage, responsable du Centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur, explique que cette contagion interhumaine survient surtout dans des situations de proximité prolongée, de promiscuité importante ou chez des personnes particulièrement fragiles.

Autrement dit, nous sommes très loin du niveau de contagiosité observé avec le Covid-19, capable de se diffuser massivement dans les transports, les écoles ou les lieux publics en quelques jours seulement.
Invité sur BFMTV-RMC ce mardi 12 mai, le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon à Paris, a lui aussi écarté très clairement l’hypothèse d’une pandémie mondiale. « On n’est pas dans une crainte de pandémie », assure-t-il, estimant que plusieurs éléments vont à l’encontre d’un scénario comparable à celui de 2020.
Selon lui, le foyer apparu sur le MV Hondius serait lié à une combinaison de circonstances exceptionnelles : la promiscuité à bord du bateau, la présence éventuelle de personnes très contagieuses — parfois appelées « super-spreaders » — ainsi qu’un environnement particulièrement favorable à une transmission rapprochée.
Hantavirus : "Pas du tout dans le même contexte que le Covid"
— RTL France (@RTLFrance) May 12, 2026
L'infectiologue Karine Lacombe face à @ThomasSotto dans #RTLMatin pic.twitter.com/IaARtA2tcR
Le spécialiste rappelle également qu’une étude scientifique publiée en 2020 sur un foyer d’hantavirus en Patagonie montrait que près de 75 % des transmissions avaient eu lieu lors de contacts très proches entre les individus concernés. Quelques cas de contamination par aérosol avaient bien été observés, mais uniquement dans des situations très spécifiques et limitées.
« Rien à voir avec le Covid », insiste Gilles Pialoux, qui rappelle que la contagion de l’hantavirus Andes demeure nettement plus faible et beaucoup moins efficace dans la population générale.
Hantavirus: "On n'est pas dans une crainte de pandémie", affirme Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon AP-HP pic.twitter.com/3zTBHcU9Xo
— RMC (@RMCInfo) May 12, 2026
Pour le moment, les autorités sanitaires internationales continuent donc de surveiller étroitement l’évolution de la situation et d’appliquer des mesures de précaution autour des cas confirmés et des personnes exposées. Mais malgré les inquiétudes et les nombreuses spéculations relayées en ligne, les experts appellent surtout à éviter les raccourcis alarmistes et les comparaisons excessives avec la pandémie de Covid-19.