
L’examen en appel du policier accusé du meurtre de Nahel Merzouk, survenu le 27 juin 2023 à Nanterre, a été une nouvelle fois reporté. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles devait examiner ce jeudi la contestation du renvoi du policier devant la cour d’assises, mais l’audience a été ajournée au 4 décembre, à la demande de son avocat qui a invoqué un conflit d’agenda. Ce report prolonge un dossier déjà au centre d’un débat judiciaire et médiatique intense.
Rappelons les faits : Nahel Merzouk, un adolescent de 16 ans, avait été tué d’une balle à bout portant par le policier Florian M., lors d’un contrôle routier à Nanterre. La scène, filmée et largement relayée sur les réseaux sociaux, avait provoqué une onde de choc dans toute la France, donnant lieu à plusieurs nuits d’émeutes et relançant le débat sur les violences policières et l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre.
Le 3 juin dernier, les juges d’instruction avaient décidé de renvoyer Florian M. devant la cour d’assises pour meurtre, suivant les réquisitions du parquet de Nanterre formulées au mois de mars. Cette décision s’appuyait sur plusieurs éléments du dossier, notamment les images vidéo et les témoignages, qui, selon la justice, ne démontrent pas que le policier se trouvait dans une situation de légitime défense. « Rien ne démontre que Florian M. était autorisé dans la circonstance à faire usage de son arme, en méconnaissance des principes de proportionnalité et d’absolue nécessité », peut-on lire dans l’ordonnance consultée par l’AFP.
De son côté, la défense du policier, représentée par Me Laurent-Franck Liénard, maintient que le tir était « légitime » et conforme au cadre légal prévu pour les agents des forces de l’ordre. L’avocat insiste sur le fait que Florian M. aurait agi dans un contexte de danger imminent, estimant que son client n’a fait qu’appliquer les consignes de sécurité et de maintien de l’ordre en vigueur. L’audience d’appel devait permettre d’examiner ces arguments avant toute confirmation du renvoi devant la cour d’assises.
À noter que le second policier présent lors du contrôle, initialement mis en examen pour complicité de meurtre, a finalement bénéficié d’un non-lieu. Sa situation judiciaire est donc close, contrairement à celle de son collègue, qui reste au cœur de la procédure.
Presque deux ans après les faits, la mort de Nahel Merzouk demeure un symbole fort. À Nanterre, sa ville d’origine, la mémoire du jeune homme reste vive. Des rassemblements commémoratifs continuent d’y être organisés par la famille et les associations de soutien, qui réclament inlassablement « justice pour Nahel ». L’affaire, devenue emblématique des débats sur les relations entre police et population, continue de diviser l’opinion publique et de soulever des questions fondamentales sur la responsabilité et la formation des forces de l’ordre en France.
Le report de cette audience au 4 décembre 2025 est donc perçu par certains comme un nouveau rebondissement dans une affaire sensible qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Les prochains mois s’annoncent déterminants pour la suite de la procédure et pour la recherche d’un équilibre entre justice, émotion collective et respect du droit.