
Mais après sa sortie, la situation de Chahinez Daoud ne s’est pas apaisée.
Selon le récit présenté lors de l’ouverture du procès, les violences et les pressions auraient repris jusqu’au jour du drame.
Quelques semaines seulement séparent ainsi la dernière plainte déposée par Chahinez Daoud, en mars 2021, de sa mort le 4 mai suivant.
Une affaire devenue emblématique
La mort de Chahinez Daoud a rapidement dépassé le cadre d’un simple fait divers.
Son parcours et les nombreuses démarches effectuées avant son décès ont alimenté les interrogations sur la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales.
Le fait qu’elle ait signalé à plusieurs reprises les difficultés rencontrées avec son conjoint avant d’être tuée a notamment occupé une place importante dans les discussions ayant suivi le drame.
Son histoire rappelle aussi combien les violences conjugales peuvent prendre différentes formes.
Elles ne sont pas uniquement physiques. Le contrôle des déplacements, l’isolement social, les menaces ou encore la privation d’autonomie financière peuvent également s’inscrire dans un contexte de violences au sein du couple.
Les parents de Chahinez Daoud attendent des réponses
Près de quatre ans après la mort de leur fille, les parents de Chahinez Daoud attendaient beaucoup du procès ouvert devant la cour d’assises de la Gironde.
À travers leur avocat, ils ont exprimé leur souhait que « justice soit faite ».
Ils espèrent également que Mounir Boutaa soit « mis face à la portée de son acte ».
Le procès doit revenir en détail sur les circonstances ayant conduit au meurtre ainsi que sur les années précédentes.
Il appartient désormais à la cour d’assises d’examiner l’ensemble des éléments du dossier et de déterminer la responsabilité pénale de l’accusé dans les faits qui lui sont reprochés.
Des années de signalements avant le drame
Derrière la violence extrême du 4 mai 2021 se dessine ainsi une histoire beaucoup plus longue.
Entre son installation en France en 2016 et sa mort en 2021, Chahinez Daoud aurait progressivement vécu dans un environnement fait de contrôle, d’isolement, de menaces et de violences.
Elle avait pourtant tenté à plusieurs reprises d’alerter les autorités.
Quatre mains courantes et trois plaintes avaient notamment précédé son décès.
Le procès de Mounir Boutaa doit désormais permettre à la justice de revenir sur les circonstances de l’assassinat de Chahinez Daoud et sur le parcours qui a précédé cette journée tragique. Pour les proches de cette mère de trois enfants, l’audience représente surtout l’attente d’une réponse judiciaire, près de quatre ans après sa mort.