
Une femme souffrait de fortes douleurs abdominales. Les médecins ont fini par découvrir quelque chose qui se trouvait dans son corps depuis plus de neuf ans.
Une femme s’est présentée aux urgences après avoir ressenti d’intenses douleurs au ventre. Malgré les recommandations médicales, elle a refusé toute intervention chirurgicale. Quelques mois plus tard, elle est malheureusement décédée. Après plusieurs examens, les médecins ont mis au jour une découverte bouleversante dans son abdomen. Pourtant, cette femme ne souhaitait pas se faire retirer cette masse présente dans son corps depuis plus de neuf ans. Découvrez ce dont il s’agissait.
Une femme consulte pour de fortes douleurs abdominales
Cette histoire peu commune concerne une femme originaire du Congo, âgée d’une cinquantaine d’années, qui s’est rendue à l’hôpital à cause de douleurs abdominales particulièrement violentes. Elle expliquait également ressentir des gargouillements après les repas. Afin d’identifier l’origine de ses symptômes, les médecins ont réalisé plusieurs examens. C’est alors qu’ils ont fait une découverte étonnante : la patiente portait un lithopédion. Il s’agit d’un fœtus décédé qui s’est progressivement calcifié et pétrifié dans l’organisme.
Un fœtus décédé présent dans son abdomen
L’histoire remonte à plusieurs années, alors qu’elle vivait dans un camp de réfugiés en Tanzanie. Déjà mère de plusieurs enfants et ayant connu huit grossesses, dont trois enfants mort-nés, elle était de nouveau enceinte. À sept mois de grossesse, lors d’une consultation médicale dans le camp, les médecins lui ont annoncé une terrible nouvelle : le fœtus était décédé. Ils lui ont conseillé de rentrer chez elle afin que l’expulsion se fasse naturellement. Lorsqu’elle est revenue quelques jours plus tard, elle affirme avoir été accusée d’avoir consommé de la drogue pour provoquer la mort du bébé. Cette expérience a profondément altéré sa confiance envers le corps médical. Neuf ans plus tard, elle s’est installée aux États-Unis.
La patiente a refusé l’opération
Lors de son passage aux urgences, les médecins ont découvert la présence du fœtus calcifié dans son ventre. Ils lui ont alors expliqué qu’une intervention chirurgicale urgente était nécessaire pour le retirer. Elle a ensuite été prise en charge dans un service d’oncologie gynécologique en raison d’une obstruction intestinale. Malgré cela, la patiente a refusé toutes les procédures proposées. Malheureusement, la Congolaise est décédée quelques mois plus tard. « Malheureusement, elle est décédée 14 mois après sa réinstallation d’une malnutrition sévère, dans un contexte d’occlusion intestinale récurrente et de peur persistante de se faire soigner », a rapporté un auteur dans la revue scientifique BMC Women’s Health.
Des situations extrêmement rares
La présence d’un lithopédion demeure toutefois un phénomène exceptionnel. On estime qu’il concerne environ 0,00045 % de toutes les grossesses dans le monde. En France, le premier cas documenté remonte à 1582. Depuis, seulement environ 300 cas ont été recensés. Ces situations surviennent plus fréquemment dans des régions où l’accès aux soins reste limité et où les infrastructures médicales sont moins développées.
L’étude publiée dans cette revue médicale a également détaillé le mécanisme de formation d’un lithopédion. « Lorsque le décès du fœtus survient et que celui-ci est trop volumineux pour être réabsorbé, le système immunitaire le considère comme un corps étranger et provoque un dépôt de substances riches en calcium, transformant ainsi le fœtus en pierre », peut-on notamment y lire. Heureusement, toutes les femmes concernées ne connaissent pas une issue aussi tragique. En Inde, une femme a par exemple porté un fœtus mort pendant plus de trente ans avant que celui-ci ne soit découvert. Âgée de plus de 60 ans, elle a finalement pu être opérée afin de retirer ce lithopédion. Sans les douleurs abdominales qui l’avaient poussée à consulter, elle n’aurait probablement jamais su qu’il se trouvait encore dans son corps.