
Zoom sur le pancréas (1/12)
Le pancréas fait partie de ces organes essentiels auxquels on ne prête que rarement attention… Et pourtant, son rôle est fondamental. Mesurant environ 15 centimètres et dissimulé derrière l’estomac, il intervient à la fois dans la digestion des aliments et dans la régulation du taux de sucre dans le sang. Tant qu’il fonctionne correctement, il agit en toute discrétion. Mais dès qu’un dysfonctionnement apparaît, c’est tout l’équilibre de l’organisme qui peut être perturbé. Selon l’Institut National du Cancer (INCa), près de 14 000 nouveaux cas de cancer du pancréas sont diagnostiqués chaque année en France. Un chiffre préoccupant, d’autant plus que ce cancer affiche un taux de mortalité très élevé, avec environ 12 000 décès annuels, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le cancer du pancréas (2/12)
En moyenne, cinq ans après le diagnostic, seuls 10 % des patients sont encore en vie. Ce chiffre fait du cancer du pancréas l’un des cancers les plus redoutables en matière de survie. La principale raison ? Il est souvent détecté trop tard. Les symptômes apparaissent tardivement et sont longtemps discrets, ce qui complique considérablement le diagnostic précoce. Or, ce cancer n’est réellement traitable que lorsqu’il est identifié à un stade suffisamment avancé pour permettre une prise en charge rapide. Il touche majoritairement les personnes de plus de 60 ans, même si des cas plus rares ont été observés chez des patients plus jeunes, parfois âgés d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années. « Il est donc crucial de connaître les signes de la maladie et de ne pas attendre qu’ils deviennent graves pour consulter », alerte le chirurgien oncologue Anton Bilchik dans les colonnes de Women’s Health. Voici donc 10 signaux d’alerte souvent difficiles à repérer, mais potentiellement vitaux.

Vos yeux et votre peau jaunissent (3/12)
Le jaunissement du blanc des yeux et de la peau n’est jamais anodin. Il peut être lié à différents troubles de santé, comme une consommation excessive d’alcool, une insuffisance hépatique ou encore un cancer du pancréas. « De nombreuses tumeurs pancréatiques se développent au niveau de la tête du pancréas, située à proximité des voies biliaires », explique Anton Bilchik. Même de petites tumeurs peuvent exercer une pression et bloquer le canal biliaire, chargé d’acheminer la bile du foie et de la vésicule biliaire vers l’intestin grêle. La bile permet notamment d’éliminer la bilirubine, un déchet issu de la dégradation des globules rouges. Lorsque ce processus est perturbé, l’excès de bilirubine provoque une jaunisse visible au niveau de la peau et des yeux.

Votre ventre est anormalement gonflé (4/12)
Avoir le ventre gonflé après un repas copieux est courant. En revanche, lorsque ce gonflement persiste plusieurs jours, il ne doit pas être ignoré. « À mesure que les tumeurs pancréatiques grossissent, elles peuvent entraîner une distension abdominale », précise le spécialiste. « C’est souvent l’un des premiers signes observés, mais beaucoup de patients n’y prêtent pas attention, pensant à de simples ballonnements ». Pourtant, un examen médical peut s’avérer nécessaire. Le symptôme n’indique pas systématiquement un cancer, mais il peut aussi y être lié, tout comme dans le cas du cancer de l’ovaire. Mieux vaut donc consulter pour lever le doute.

Même vos aliments préférés vous écœurent (5/12)
La perte d’appétit fait également partie des signes précoces du cancer du pancréas. « Lorsque les tumeurs se développent dans l’abdomen, elles peuvent comprimer des organes voisins, notamment l’estomac », explique Anton Bilchik. Résultat : une sensation de satiété rapide, même sans avoir mangé, accompagnée de nausées fréquentes. Dans certains cas, manger devient douloureux, ce qui renforce encore la perte d’appétit.

Une perte de poids inexpliquée (6/12)
La diminution de l’appétit entraîne souvent une perte de poids rapide et involontaire. On observe fréquemment une baisse supérieure à 5 % du poids corporel en l’espace de quelques mois. « Si cette perte de poids est soudaine et qu’aucune raison évidente ne l’explique, une consultation médicale s’impose », insiste le chirurgien.
