
À l’approche de la présidentielle de 2027, le camp présidentiel se prépare à défendre l’héritage d’Emmanuel Macron, quitte à décocher quelques flèches à ceux qui prendraient trop vite leurs distances. C’est en tout cas ce que révèle Le Point dans son édition du 13 novembre, décrivant une atmosphère de plus en plus électrique autour du chef de l’État.

Un malaise qui s’installe à l’Élysée
L’inquiétude semble désormais bien réelle au sein de l’ancienne majorité présidentielle. Le jeudi 16 octobre, Emmanuel Macron avait convié plusieurs députés issus de son camp au salon des Ambassadeurs de l’Élysée. Une rencontre présentée comme cordiale, mais organisée dans un contexte politique sensible, quelques minutes seulement après l’annonce de la suspension de la réforme des retraites de 2023 par Sébastien Lecornu, afin de répondre aux exigences des socialistes.
À l’issue de cet échange autour d’un café, le président a lâché une phrase qui n’est pas passée inaperçue : « Moi, je n’ai jamais tapé François Hollande ni flingué son bilan ! » Une allusion à peine voilée aux responsables de la Macronie qui, à mesure que l’échéance de 2027 se rapproche, cherchent à se démarquer du locataire de l’Élysée, parfois de manière frontale.

Des tensions de plus en plus visibles
Si Emmanuel Macron savait que ceux qui ambitionneraient de lui succéder devraient forcément marquer leur différence, la rupture lui paraît aujourd’hui plus brutale que prévu. Dans les rangs de Renaissance, la nervosité est palpable. Une élue présente lors de cette réunion confie même sa crainte de représailles : « J’ai peur qu’en représailles le président se transforme en roi de la boule puante. »
Le climat s’est en effet tendu au fil des semaines. Selon plusieurs témoignages rapportés par Le Point, Emmanuel Macron aurait laissé transparaître sa colère lors d’une discussion informelle, un verre de whisky à la main : « Moi, démissionner ? Je ne leur ferai pas ce plaisir. » Une déclaration qui en dit long sur son état d’esprit et sur sa volonté de rester maître du tempo politique jusqu’au bout de son mandat.
Une “trahison” difficile à avaler
Dans les colonnes du même hebdomadaire, un proche du président revient sur ce qu’il considère comme une véritable désillusion : Emmanuel Macron aurait très mal vécu certaines prises de position de ses anciens alliés, au premier rang desquels son ex-Premier ministre Gabriel Attal. En marche !, devenu Renaissance, serait désormais, selon cette source, « dirigé par quelqu’un qui lui est hostile ».

Le chef de l’État aurait également été profondément affecté par les déclarations d’autres figures de son camp. « Il a pris un coup de poignard dans le bide », confie un proche, évoquant notamment les propos d’Édouard Philippe, qui l’a invité à envisager un départ anticipé, ou ceux de Gabriel Attal affirmant publiquement « ne pas comprendre les décisions » présidentielles.
À deux ans de la fin de son second mandat, Emmanuel Macron se retrouve ainsi confronté à une équation délicate : préserver son bilan tout en faisant face à des ambitions qui s’affirment, parfois au prix de ruptures personnelles et politiques de plus en plus difficiles à masquer.