
Fatigue persistante : quand faut-il vraiment s’inquiéter ?
Fréquente et souvent banale, la fatigue – aussi appelée asthénie – fait partie du quotidien de nombreuses personnes. Le plus souvent passagère et sans gravité, elle peut toutefois devenir préoccupante lorsqu’elle s’installe dans la durée et finit par altérer la qualité de vie. Dans ces cas-là, il est essentiel de ne pas la banaliser et de consulter son médecin traitant. Mais à partir de quand la fatigue doit-elle alerter ?
Une fatigue très répandue dans la population
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près d’un quart des Français (25 %) déclarent souffrir d’une fatigue persistante. Un phénomène loin d’être marginal, qui touche particulièrement les femmes. Contrairement à une idée reçue, l’âge n’est pas forcément le principal facteur.
Selon Guillaume Millet, professeur à l’Université de Saint-Étienne, chercheur en physiologie de l’exercice et spécialiste de la fatigue, la sensation de fatigue aurait même tendance à diminuer avec l’âge, jusqu’à 75 ans.
« Les personnes de 50 ans ne sont pas nécessairement plus fatiguées que celles de 20 ans. C’est même parfois l’inverse », explique-t-il, s’appuyant sur des travaux scientifiques récents.
Des causes multiples et parfois imbriquées
La fatigue peut avoir des origines très variées, ce qui explique pourquoi elle est parfois difficile à identifier précisément. On distingue notamment :
- La fatigue réactionnelle, liée à un manque de sommeil, au stress, à une surcharge professionnelle, à une activité physique intense, à une infection ou à une intervention chirurgicale.
- Les causes psychologiques, comme l’anxiété, le surmenage ou certaines formes de dépression qui peuvent se manifester d’abord par un épuisement profond.
- Les maladies chroniques ou organiques, telles que l’anémie, les troubles endocriniens (thyroïde, diabète), certaines pathologies neurologiques ou musculaires, les troubles du sommeil ou encore les cancers.
- Les effets secondaires médicamenteux, parfois sous-estimés.
- Le syndrome de fatigue chronique, caractérisé par une asthénie sévère, durable et invalidante, sans cause clairement identifiée sur le plan médical ou psychologique.
Dans la majorité des cas, la fatigue n’est pas grave. Mais lorsqu’elle s’installe et perturbe le quotidien, elle mérite une attention particulière.
Les signes qui doivent alerter
Une baisse d’énergie durable
La fatigue devient préoccupante lorsqu’elle s’installe dans le temps.
« On parle classiquement de fatigue chronique au-delà de six mois, mais dès trois mois de fatigue quasi permanente, avec des difficultés à se lever, un manque d’énergie constant et une sensation d’épuisement à la moindre tâche, il faut commencer à s’interroger », précise Guillaume Millet.
Un repos inefficace
Habituellement, le repos, le sommeil ou des vacances permettent de récupérer. Lorsque ce n’est plus le cas, et que même en dormant mieux ou en ralentissant le rythme la fatigue persiste, cela constitue un signal d’alerte.
Un impact sur la vie quotidienne
La fatigue chronique réduit fortement la qualité de vie. Les personnes concernées ont de plus en plus de mal à assumer leurs obligations professionnelles, familiales ou sociales. À long terme, cet épuisement peut aussi affecter le moral et favoriser l’apparition de symptômes anxieux ou dépressifs.