
L’inflation pourrait toucher l’alimentation
En France, les premiers effets de cette mécanique commencent déjà à apparaître. L’Insee observe notamment une reprise de l’inflation tirée par l’énergie.
Cependant, cette hausse pourrait ensuite se diffuser vers l’alimentation. Le coût des engrais constitue notamment un élément important pour les prix agricoles.
Ainsi, le prix de l’urée, un engrais clé, a bondi de 40 % depuis la mi-février. Ce chiffre a également été rapporté par Le Parisien.
Par conséquent, une prolongation des perturbations dans le détroit d’Ormuz pourrait accentuer les pressions. Le coût de l’énergie se répercute en effet sur plusieurs secteurs.
Les ménages pourraient alors ressentir les conséquences au-delà de la station-service. Le contenu du panier de courses pourrait également être concerné.
Les crédits peuvent aussi devenir plus coûteux
La guerre en Iran peut également avoir des effets moins visibles sur le budget des Français. En effet, les taux d’intérêt montent eux aussi.
Cette évolution renchérit notamment le coût de la dette publique. Cependant, elle peut également toucher directement les ménages.
Les crédits immobiliers deviennent alors plus coûteux. Ainsi, la combinaison entre inflation, énergie et hausse des taux peut fragiliser davantage le pouvoir d’achat.
La durée du conflit devient donc un élément essentiel. Plus les perturbations persistent, plus leurs conséquences peuvent se diffuser dans l’économie.
Jusqu’à 150 euros supplémentaires par mois
Pour mesurer l’impact concret sur les ménages, Guillaume Dard a avancé plusieurs estimations. Le président de Montpensier Arbevel s’est exprimé sur BFM Business.
Son exemple concerne un couple avec deux enfants. Avec un baril autour de 90 dollars, soit environ 84 euros, pendant une courte période, le surcoût atteindrait environ 50 euros par mois.
Cependant, la facture augmenterait fortement avec un pétrole durablement plus cher. Si le baril restait entre 110 et 120 dollars, le surcoût atteindrait environ 150 euros par mois.
Cette fourchette correspond à un baril situé entre environ 102 et 112 euros. L’impact deviendrait donc beaucoup plus important pour le budget familial.
Un scénario à 400 euros par mois
Guillaume Dard évoque également un scénario beaucoup plus lourd. Celui-ci repose sur une fermeture du détroit d’Ormuz et un pétrole atteignant 150 dollars le baril.
« Si on a le scénario catastrophe, avec une fermeture du détroit d’Ormuz et un prix du pétrole à 150 dollars le baril, cela représente 400 euros par mois pour ce même foyer », avertit-il.
Un baril à 150 dollars représente près de 140 euros. Dans cette hypothèse, la facture mensuelle supplémentaire serait donc particulièrement importante pour une famille de quatre personnes.
Ainsi, selon les scénarios présentés, le surcoût pourrait passer d’environ 50 à 400 euros par mois. Tout dépendrait notamment du prix du pétrole et de la durée des perturbations.
La situation dans le détroit d’Ormuz reste donc déterminante. Car derrière le pétrole et le gaz, ce sont aussi l’alimentation, les crédits et le pouvoir d’achat des ménages qui peuvent être concernés.