
Face à eux, plusieurs gens du voyage se placent devant les engins agricoles pour empêcher leur progression. La confrontation reste très tendue mais les images, filmées par plusieurs témoins, se diffusent rapidement sur les réseaux sociaux.
Au fil des partages, la vidéo est souvent présentée comme ayant été tournée à Cornimont, une commune voisine. Pourtant, la presse locale précise bien que les faits se sont déroulés sur le territoire du Syndicat. Plusieurs mois après les événements, ces images continuent d’être massivement partagées, preuve que ce sujet demeure particulièrement sensible dans l’opinion publique.
Les représentants des voyageurs dénoncent, de leur côté, une méthode jugée inacceptable. Ils estiment surtout que cette situation résulte d’un manque d’infrastructures adaptées. Olivier, porte-parole de l’association Action Grand Passage, rappelle ainsi auprès de la presse qu’aucun terrain de grand passage n’est disponible dans ce département pour accueillir ce type de rassemblement.
3/4 — Que dit la loi sur ces installations illicites ?
Sur le plan juridique, les règles sont clairement définies. L’article 322-4-1 du Code pénal prévoit que le fait de s’installer en réunion sur le terrain d’autrui sans autorisation constitue un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. Une amende forfaitaire délictuelle de 500 euros peut également être appliquée afin d’éviter des poursuites judiciaires plus longues. Les véhicules ayant servi à l’installation peuvent aussi être saisis, à l’exception de ceux servant d’habitation.
Dans les faits, la situation est toutefois bien plus complexe. La loi Besson de 2000 impose aux collectivités territoriales de créer des aires d’accueil et des terrains de grand passage. Lorsque ces obligations ne sont pas remplies, les procédures d’évacuation sont souvent plus difficiles à mettre en œuvre, ce qui nourrit régulièrement les tensions entre élus, propriétaires et associations représentant les voyageurs.
C’est précisément l’argument avancé par ces dernières, qui estiment que l’absence de terrains adaptés oblige parfois les familles itinérantes à s’installer sur des propriétés privées.