
Dans les Hautes-Vosges, des agriculteurs à bout de patience ont choisi une méthode pour le moins spectaculaire afin de tenter de faire partir près de 200 caravanes installées sans autorisation sur leurs prairies. À l’aide de tonnes à lisier, ils ont voulu récupérer leurs terres, donnant lieu à une scène largement relayée sur les réseaux sociaux.
Les images ont rapidement fait le tour d’Internet et continuent encore aujourd’hui de réapparaître régulièrement, notamment au début de l’année 2026. Dans les Hautes-Vosges, des exploitants agricoles, excédés par l’occupation de leurs parcelles, ont décidé d’épandre du lisier autour d’un campement de gens du voyage installé sans leur accord.
Les faits remontent au début du mois de juillet 2025, dans la commune du Syndicat, près de Remiremont, dans les Vosges. Derrière cette séquence particulièrement marquante se cache une problématique récurrente qui revient chaque été dans plusieurs régions françaises : celle de l’occupation de terrains privés, du manque d’aires d’accueil adaptées et des tensions qui en découlent. Retour sur les événements et sur le cadre juridique qui les entoure.
1/4 — Plus de 200 caravanes installées du jour au lendemain
Tout débute dans la soirée du dimanche 6 juillet 2025. Plus de 200 caravanes arrivent au Syndicat dans le cadre d’un important rassemblement évangélique. Le convoi prend place sur les prairies de Peccavillers, situées le long de la voie verte, après avoir franchi le dispositif installé à l’entrée du terrain, selon les déclarations du maire, Pascal Claude.
Le problème est immédiat : ces parcelles appartiennent à plusieurs agriculteurs qui les utilisent pour produire le fourrage destiné à nourrir leur bétail. L’édile rappelle également que ces terrains se trouvent en zone rouge inondable, dans un périmètre Natura 2000 et à proximité d’un secteur de captage d’eau potable, ce qui renforce les inquiétudes.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cette zone est concernée. Les mêmes prairies avaient déjà été occupées deux ans auparavant, en 2023. Pour les exploitants, cette nouvelle installation intervient au plus mauvais moment, en pleine période de récolte, bloquant une partie de leur activité agricole.
Le maire résume alors son sentiment d’impuissance en déclarant : « On se retrouve seul, impuissant. » Une phrase qui traduit le désarroi des élus locaux face à ce type de situation.
2/4 — Du lisier pour tenter de les faire partir : la vidéo
Le lendemain matin, lundi 7 juillet, la tension franchit un nouveau cap. Plusieurs agriculteurs se rendent sur place avec leurs tracteurs équipés de tonnes à lisier et procèdent à un épandage tout autour du campement. Leur objectif est clair : rendre les lieux difficilement supportables afin d’inciter les occupants à quitter les parcelles.