
Après des années de rumeurs violentes propagées en ligne, la justice française a rendu son verdict ce lundi 5 janvier. Dix personnes ont été condamnées pour cyberharcèlement à l’encontre de **Brigitte Macron****, cible d’une campagne de haine persistante mêlant accusations mensongères, propos transphobes et montages humiliants.
Des rumeurs répétées et une violence numérique durable
Depuis plusieurs années, la Première dame fait l’objet d’attaques d’une rare intensité sur les réseaux sociaux. Une rumeur l’accusant d’être une femme transgenre et une pédocriminelle a circulé de manière obsessionnelle, alimentée par des publications choquantes, des photomontages dégradants et des messages haineux. Ces contenus, massivement relayés, ont contribué à installer un climat de harcèlement continu.
Longtemps silencieuse, Brigitte Macron a décidé de saisir la justice en août 2024, estimant nécessaire de fixer une limite claire à ces attaques répétées. Une démarche assumée, menée au nom de la protection des personnes visées par le cyberharcèlement et de l’exemplarité face aux violences numériques.
Le verdict du tribunal correctionnel de Paris
Ce lundi, le tribunal correctionnel de Paris a mis un terme à un dossier aussi sensible que médiatisé. Dix prévenus — huit hommes et deux femmes — étaient poursuivis pour avoir relayé ou amplifié des propos visant directement la Première dame.

Les messages retenus par la justice ne laissent aucune ambiguïté : « Brigitte Macron est un homme », « travelo de merde », « pédocriminelle ». Des propos jugés transphobes et constitutifs de cyberharcèlement. L’ensemble des prévenus a été reconnu coupable. Les peines prononcées vont d’un stage de sensibilisation à huit mois de prison avec sursis, alors que le parquet avait requis jusqu’à douze mois avec sursis pour les principaux instigateurs.
Des peines différenciées selon les rôles
La peine la plus lourde a été infligée à Aurélien Poirson-Atlan, connu sous le pseudonyme Zoé Sagan. Il a été condamné à huit mois d’emprisonnement avec sursis pour une série de tweets. À l’audience, il avait persisté, évoquant un supposé « secret d’État » impliquant une pédophilie cautionnée par les institutions — une ligne de défense rejetée par le tribunal.
Autre figure du dossier, Amandine Roy, à l’origine d’une vidéo virale de près de quatre heures publiée en 2021, a écopé de six mois de prison avec sursis, d’une suspension de ses comptes en ligne pendant six mois et d’un stage de sensibilisation au respect des personnes dans l’espace numérique. Le galeriste Bertrand Scholler, auteur d’un photomontage diffusé en 2024, a également été condamné à six mois avec sursis, malgré sa défense fondée sur la liberté d’expression. Les autres prévenus, qualifiés de « suiveurs », ont bénéficié de sanctions plus légères. L’un d’entre eux, qui a présenté des excuses, a échappé à la prison avec sursis.

Un impact personnel assumé publiquement
La veille du délibéré, Brigitte Macron s’était exprimée au JT de 20 heures, face à Audrey Crespo-Mara. « Je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne montre pas l’exemple, ça va être difficile », avait-elle déclaré, avant d’ajouter avec fermeté : « On ne touchera pas à ma généalogie. On ne joue pas avec ça. »