Cependant, il n’existe pas une seule morphologie typique du lipœdème. Dans certains cas, les patientes présentent un buste relativement fin associé à des jambes nettement plus épaisses. Les graisses peuvent s’accumuler des hanches jusqu’aux chevilles sans toucher les pieds. Chez d’autres personnes, les cuisses ou même les bras peuvent être concernés. Les spécialistes distinguent plusieurs formes de lipœdème en fonction des zones atteintes ainsi que trois stades évolutifs, définis selon l’aspect de la peau et la structure du tissu graisseux.
Une maladie qui touche surtout les femmes
Le lipœdème concerne presque exclusivement les femmes. Le Dr Stéphane Vignes expliquait ainsi n’avoir rencontré que deux cas masculins en vingt ans de pratique. Cette forte prédominance féminine a conduit les chercheurs à s’intéresser au rôle possible des hormones.
Selon de nombreuses patientes, les premiers signes apparaissent souvent lors de périodes de changements hormonaux importants : à la puberté, pendant une grossesse ou encore à la ménopause. Certaines évoquent également des événements émotionnels marquants, comme un deuil ou un choc psychologique, qui auraient précédé l’apparition des symptômes.
Les causes exactes du lipœdème restent toutefois encore mal comprises. « On ignore pour l’instant les raisons du développement du tissu adipeux », expliquait l’angiologue Michèle Depairon du Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne. Plusieurs pistes sont néanmoins étudiées. Les spécialistes évoquent notamment une composante génétique : lorsqu’une mère, une sœur ou une tante est atteinte, le risque semble plus élevé pour les autres femmes de la famille. Les chercheurs suspectent également un rôle des œstrogènes dans le développement de la maladie.
Comment est posé le diagnostic ?
Le diagnostic du lipœdème repose principalement sur un examen clinique. Les médecins s’appuient sur plusieurs signes caractéristiques : une sensibilité ou une douleur lorsque la peau est pincée, des bleus apparaissant sans traumatisme, une sensation de jambes lourdes et des gonflements qui augmentent souvent en fin de journée. Dans certains cas, un œdème peut également être observé.
La douleur n’est cependant pas systématique, ce qui peut rendre le diagnostic plus difficile et expliquer pourquoi certaines patientes vivent pendant des années avec des symptômes sans obtenir de réponse claire.
Quels traitements existent ?
À ce jour, il n’existe pas de traitement capable de guérir définitivement le lipœdème. Les prises en charge visent surtout à limiter la progression de la maladie et à soulager les symptômes.
Les spécialistes recommandent généralement de maintenir un poids stable grâce à une alimentation équilibrée. Une activité physique régulière est également conseillée, notamment les sports aquatiques comme la natation ou l’aquagym, qui favorisent le drainage et réduisent la sensation de jambes lourdes.
Le port de bas ou collants de compression à maille plate est souvent proposé afin de limiter l’apparition d’œdèmes en fin de journée et de ralentir l’augmentation du volume des membres. Certaines patientes bénéficient également de séances de drainage lymphatique ou d’un accompagnement psychologique, car la maladie peut affecter l’image de soi et la confiance en son corps.
