
L’Institut de Kiel pour l’économie mondiale a tenté de mesurer l’impact potentiel de cette décision.
Près de 15 milliards d’euros de production menacés
Selon les estimations de l’Institut de Kiel, la hausse annoncée par Donald Trump pourrait coûter près de 15 milliards d’euros de production à l’Allemagne.
Le président de l’institut, Moritz Schularick, estime que « les effets seraient substantiels ».
La situation pourrait devenir encore plus difficile avec le temps.
À plus long terme, les pertes pourraient atteindre environ 30 milliards d’euros.
Une telle évolution constituerait un nouveau coup dur pour une économie allemande déjà confrontée à une croissance limitée.
L’Institut de Kiel tablait alors sur une progression de seulement 0,8 % de l’économie allemande en 2026.
Le secteur automobile en première ligne
L’automobile se retrouve naturellement au centre des inquiétudes.
L’Allemagne abrite plusieurs constructeurs particulièrement importants à l’échelle mondiale.
BMW, Mercedes-Benz, Porsche ou encore Volkswagen disposent d’une forte présence internationale.
Certains possèdent déjà des sites de production aux États-Unis.
Cependant, une partie des véhicules destinés au marché américain continue d’être fabriquée en Europe.
Avec des droits de douane passant de 15 % à 25 %, ces modèles pourraient devenir nettement plus chers à importer.
Les constructeurs devront alors décider comment absorber ces coûts supplémentaires.
Produire aux États-Unis pour éviter les taxes
Donald Trump ne cache pas l’un des objectifs de sa politique.
Il souhaite pousser les constructeurs étrangers à fabriquer davantage de véhicules sur le territoire américain.
Le président l’a d’ailleurs clairement indiqué après son annonce.
Les voitures et les camions produits dans des usines américaines ne seraient pas soumis à ces nouveaux droits.
Pour les constructeurs européens, augmenter leur production aux États-Unis pourrait donc permettre de contourner une partie du problème.
Certains ont déjà engagé des investissements importants dans le pays.
Mercedes-Benz, par exemple, possède une importante présence industrielle en Alabama.